Au mois de mai et de juin 1845, de violents incendies ravagent les faubourgs Saint-Roch et Saint-Jean à Québec, laissant des milliers de personnes sans abri. Privé de sa fonction politique depuis la perte du statut de capitale, l’ancien édifice du parlement devient alors un lieu central de mobilisation citoyenne. Il accueille le Comité général de secours, coordonne l’aide matérielle et financière, et sert de point de distribution pour les sinistrés. Cette réappropriation du parlement illustre la solidarité collective et la capacité d’organisation de la société civile face à une période de crise majeure au 19e siècle.
Catégorie : Histoire
De 1883 à 1889, trois frères travaillent simultanément à l’hôtel du Parlement de Québec. Ce sont les frères Louis-Georges, Alphonse et Joseph Desjardins, lesquels ont chacun joué un rôle important dans l’histoire de l’institution. À l’occasion du 125e anniversaire de la fondation des caisses Desjardins par Alphonse et son épouse Dorimène Roy, Première lecture retrace le passage de la fratrie Desjardins au Parlement au 19e et au 20e siècle et met en lumière leur apport méconnu à la conservation et à la diffusion de l’information parlementaire.
Tel est pris qui croyait prendre… En 1843, alors âgé de 36 ans, George Manly Muir décide de jouer un tour à ses collègues, tour qui se retournera contre lui. Muir est le premier greffier (secrétaire général) de l’Assemblée législative du Québec. Il exerce cette fonction de 1867 à 1879. Né en 1807 à Amherstburg en Ontario, d’un père militaire presbytérien et d’une mère catholique, Muir se convertit au catholicisme à l’âge de 12 ans. Après des études classiques chez les Sulpiciens à Montréal, il fait sa cléricature et est admis à la pratique du droit en 1830.
Bibliothèque nationale ou Bibliothèque de l’Assemblée nationale? Il est courant que les gens confondent ces deux institutions lorsqu’ils effectuent des recherches. La confusion n’est pas si étonnante : d’emblée, si la Bibliothèque de l’Assemblée employait un sigle, ce serait le même que BAnQ utilise depuis 2006! Pourtant, bien qu’elles partagent les mêmes lettres abréviatives et semblent similaires au premier abord, ces deux entités sont en réalité très distinctes et fonctionnent indépendamment l’une de l’autre.
Voici un bref historique de chacune de ces institutions, ainsi qu’un aperçu de leurs services et de leurs collections.
Ce texte explore la notion d’« archives d’en bas » et leur rôle dans l’histoire de communautés oubliées ou minoritaires, ou encore de la vie quotidienne, en complément des archives institutionnelles dominantes. Il souligne l’importance de l’histoire orale et d’une approche plus inclusive des archives pour mieux représenter la société. L’article vous fera découvrir une sélection de documents qui rendent compte du quotidien et des revendications de la population québécoise à différentes époques. Ces documents, conservés à la Bibliothèque de l’Assemblée nationale, illustrent des aspects de l’histoire du Québec liés aux femmes, à la vie des gens ordinaires et aux luttes sociales et politiques.
Il y a 20 ans, en 2004, l’Assemblée nationale acquérait un moulage du visage d’Henri Bourassa (1868-1952). Cet objet fut le premier de ce qui constitue aujourd’hui une collection de quatre masques mortuaires d’anciens parlementaires québécois. Objets issus d’une pratique révolue, ces moulages en plâtre réalisés à même le corps d’un défunt sont conçus pour préserver sa dernière apparence et pour servir de modèle à la création d’œuvres d’art, le plus souvent des sculptures. S’ils peuvent paraître macabres de nos jours, ils étaient autrefois très prisés pour perpétuer la mémoire des défunts, notamment de grandes figures historiques.
En 1969, près d’un siècle après l’ouverture du chantier de construction de l’hôtel du Parlement de Québec, les dernières niches vacantes de la façade de l’édifice conçu par Eugène-Étienne Taché accueillaient leurs statues. Parmi ces bronzes se trouve celui du missionnaire Nicolas Viel, œuvre de Sylvia Daoust, seule femme à avoir contribué à ce frontispice.
Décédée en 2004 à l’âge de 102 ans, Sylvia Daoust fut la première femme à pratiquer professionnellement la sculpture au Québec. Son itinéraire créatif couvre plus de trois quarts de siècle. Reconnue pour sa contribution majeure à l’art religieux, elle a également signé des monuments publics à Édouard Montpetit et au frère Marie-Victorin, deux grandes figures intellectuelles de la première moitié du 20e siècle québécois.
Huit élections partielles se tiennent pendant la première législature du Parlement de Québec, qui s’étend du 27 décembre 1867 au 27 mai 1871. Le présent article s’intéresse à deux de ces élections, intimement liées l’une à l’autre. La première, passée presque inaperçue, se déroula dans la circonscription de Champlain avant même que le premier Parlement ne se réunisse. La seconde eut lieu dans Kamouraska et elle fut pour le moins singulière dans la mesure où il fallut élire un député à l’Assemblée législative en même temps qu’un député à la Chambre des communes. À cette époque, il n’y a ni isoloir ni vote secret : les électeurs se prononcent à main levée, publiquement, pour élire des députés que la loi autorise à siéger simultanément à Québec et à Ottawa.
Il y a 40 ans cette année, le mardi 8 mai 1984 à Québec, un individu armé s’introduisait à l’hôtel du Parlement avec l’intention de s’en prendre aux membres de l’Assemblée nationale. Se frayant un chemin jusqu’au salon Bleu, il abat trois personnes et en blesse treize autres. Le documentaire 8 mai 1984, diffusé par le Canal de l’Assemblée nationale, vient rappeler le souvenir de cet événement tragique en donnant la parole aux parlementaires présents en ce jour fatidique.
En mémoire des victimes, et alors que ressurgit dans l’actualité l’enjeu de la violence envers les élus, les institutions politiques et les lieux de la démocratie, il importe de revenir sur l’attaque du 8 mai 1984, ses circonstances et les réactions que ce drame a suscitées.
C’est le 18 décembre 1968 qu’est sanctionnée la loi abolissant le Conseil législatif, cette chambre haute du Parlement québécois qui était formée d’hommes (aucune femme n’y siégea) désignés par l’exécutif. Le juriste Jacques Carl Morin se penche sur les dernières nominations de conseillers législatifs avant la disparition de cette deuxième chambre.