Un des volets du stage parlementaire offert par la Fondation Jean-Charles-Bonenfant consiste en la rédaction d’un essai sur une thématique liée au parlementarisme et à la démocratie québécoise. Cette année, les cinq stagiaires ont abordé des sujets variés avec des perspectives bien différentes pour approfondir leur connaissance de la vie politique québécoise et partager ensuite avec nous leurs découvertes.
François Gagnon
Service de la recherche

Photographe Martin Houde
Les stagiaires de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant ont un lien privilégié avec la Bibliothèque de l’Assemblée nationale : elles et ils bénéficient de l’aide du personnel de la Bibliothèque, notamment des services de l’information et de la recherche. De plus, leurs essais sont déposés à la Bibliothèque, qui les rend accessibles via son catalogue. En 2024, cinq essais fascinants s’ajoutent à la collection.
Lucie Arbour s’intéresse au « rêve de la batterie verte de l’Amérique du Nord » dans son essai La diplomatie québécoise et le développement des exportations d’électricité aux États-Unis. À travers un récit détaillé appuyé sur des sources journalistiques, des documents officiels et des entretiens avec les personnes impliquées, elle documente une époque où les orientations d’Hydro-Québec et celles du gouvernement étaient particulièrement alignées. Lucie présente les démarches politiques et les choix stratégiques avec une rigueur et une clarté d’autant plus nécessaires dans le contexte de la redéfinition des ambitions énergétiques du Québec.
Félix Bhérer-Magnan a concentré ses recherches sur la préparation d’un des plus importants documents annuels du gouvernement : son budget. Pour écrire Une incursion dans l’univers des consultations prébudgétaires au Québec : comment le processus de consultations prébudgétaires permet-il de prendre en compte les préoccupations des groupes?, il a rencontré des acteurs impliqués dans les consultations prébudgétaires tant au ministère des Finances qu’au sein de groupes de la société civile, allant jusqu’à interroger plusieurs ministres des Finances. Félix en a produit un récit précis et une synthèse qui porte à la réflexion sur les facteurs qui pèsent dans l’élaboration des politiques budgétaires et gouvernementales au sens large.
Dans son essai Transparence et influence : l’assujettissement des OBNL québécoises à la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme, Éléonore Fortin-Rousseau s’interroge sur la définition québécoise du lobbyisme et ses conséquences sur les obligations de celles et ceux qui le pratiquent. À partir du cas des organismes à but non lucratif, elle suscite la réflexion sur les principes qui devraient guider les législatrices et législateurs dans l’encadrement des activités de représentation d’intérêts afin de favoriser le dialogue sans pour autant brimer les libertés individuelles.
Alexandrine Lahaie pose dès le départ la question de la souveraineté parlementaire et de la souveraineté constitutionnelle dans son essai La considération des droits fondamentaux dans l’élaboration des lois au Québec : le rôle de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. À travers une réflexion méthodique appuyée notamment sur une démarche théorique et comparative, elle décrit la responsabilité partagée entre les tribunaux et les législatures quant aux droits fondamentaux. Alexandrine transpose ce cadre sur une institution québécoise en analysant quatre cas d’études, soit des projets de loi récents qui ont fait l’objet d’un mémoire de la Commission.
Enfin, la question que s’est posée Florence Nadeau est en apparence simple : qu’est-ce qu’un congé parental pour une députée ou un député? Pour y répondre, elle a écrit La conciliation travail-famille pour les parlementaires de l’Assemblée nationale : l’enjeu du congé parental, un essai qui explore les aspects légaux, sociologiques et personnels d’une période de transition cruciale dans la vie de jeunes parlementaires. À l’aide d’une recherche documentaire et d’entretiens, Florence définit les contours du congé parental, identifie les défis qu’ils posent pour les parents et propose à l’institution une réflexion à partir d’exemples d’autres parlements.
Le stage de Lucie, Félix, Éléonore, Alexandrine et Florence s’est terminé en juin dernier. Une nouvelle cohorte de stagiaires de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant a commencé son parcours à l’Assemblée nationale en septembre.