Abolir le changement d’heure au Québec : un débat qui date

Dans la nuit du 12 au 13 mars 2022, comme chaque deuxième dimanche de mars depuis 2007, le Québec a remis ses pendules à l’heure avancée (ou heure d’été). Le 15 mars, le débat sur l’abolition du changement d’heure faisait un retour dans l’actualité, avec l’adoption à l’unanimité au Sénat américain d’un projet de loi fédéral (baptisé le Sunshine Protection Act) qui rendrait permanente l’heure d’été aux États-Unis. Bien que son sort à la Chambre des représentants soit incertain, ce projet de loi a eu des échos jusque chez nous. À l’occasion du retour à l’heure normale en novembre 2021, Première lecture proposait un tour d’horizon sur cette question, qui est toujours l’objet de débats au Québec.

PREMIÈRE LECTURE

François Gagnon
Service de la recherche

INTRODUCTION

En vertu de la Loi sur le temps légal, le 6 novembre, presque toute la population du Québec suivra l’exemple de plus de 1,5 milliard de personnes dans près de 80 pays et reculera ses horloges d’une heure pour revenir à l’heure normale de l’Est. La pratique du changement d’heure au Québec date d’un peu plus d’un siècle. Elle visait à l’origine à «maximiser» le temps d’exposition à la lumière du jour de manière à réduire le besoin d’éclairage artificiel.

Cette solution a suscité de nombreux débats: tout d’abord, l’adoption de la mesure (dictée par le gouvernement fédéral), puis la date retenue et l’heure exacte du changement pendant la nuit ont fait l’objet de fréquentes remises en question. Par exemple, à Québec en 1924, les parlementaires ont adopté une loi prévoyant que les municipalités pouvaient choisir de l’adopter par référendum. On…

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